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Le marché du maintien à domicile et de la location de matériel médical en pharmacie : les chiffres clés

Mis à jour le 28 septembre 2026 · 3 min de lecture

Le maintien à domicile (MAD) n'est plus un service périphérique de l'officine : c'est aujourd'hui l'un des rares segments d'activité encore en croissance forte, porté par une dynamique démographique de fond. Voici les chiffres qui permettent de mesurer l'ampleur — et le potentiel — de ce marché pour les pharmacies françaises.

Un marché qui pèse aujourd'hui 9 milliards d'euros

Selon des données sectorielles récentes, le marché du MAD pèse aujourd'hui 9 milliards d'euros en France, dont la moitié provient du marché de ville — c'est-à-dire des prescriptions de médecins généralistes et d'infirmiers, le segment directement accessible à l'officine. En 2015, ce même marché était estimé à 4,7 milliards d'euros : il a donc quasiment doublé en dix ans, confirmant une trajectoire de croissance continue et largement supérieure à celle du médicament.

Côté chiffre d'affaires officinal, les dispositifs médicaux remboursables sur prescription représentent 7 % du chiffre d'affaires total des pharmacies en 2025, en croissance de +1,9 %, portés notamment par les segments liés au diabète, à l'orthopédie et aux soins à domicile — pendant que le CA global des officines atteignait 48,4 milliards d'euros la même année.

Le vieillissement de la population, moteur principal

La France comptait 18,6 millions de personnes de plus de 60 ans en 2023, un chiffre attendu à 20,8 millions dès 2030 selon l'Insee. Plus significatif encore pour le MAD : la France compte aujourd'hui 2,3 millions de personnes de 85 ans et plus, la tranche d'âge la plus consommatrice de matériel de maintien à domicile. Cette dynamique démographique, structurelle et non conjoncturelle, garantit une demande croissante sur au moins les deux à trois prochaines décennies.

Deux profils de patients, deux marchés

Le marché du MAD s'articule autour de deux populations aux besoins différents :

  • Les patients en perte d'autonomie, équipés en lits médicalisés, matelas, aides à la mobilité, dans le cadre du vieillissement et de pathologies chroniques liées à l'âge. Ces prescriptions proviennent majoritairement de médecins généralistes.
  • Les patients non dépendants mais atteints de pathologies chroniques, nécessitant de l'oxygénothérapie, une pompe à perfusion, une nutrition artificielle ou une aide à la mobilité. Ces prescriptions relèvent davantage de spécialistes (pneumologues, diabétologues, neurologues, cancérologues).

Ce sont deux logiques de recrutement patient distinctes, qui appellent des approches commerciales et des partenariats différents pour l'officine.

Ce que ces chiffres signifient pour une officine aujourd'hui

Trois enseignements se dégagent de ces données :

  1. Le marché continue de croître à un rythme largement supérieur à celui du médicament — c'est un des rares relais de croissance encore disponibles pour l'officine.
  2. La démographie soutient structurellement la demande, avec 2,3 millions de personnes de 85 ans et plus déjà présentes en France aujourd'hui.
  3. Le secteur se structure et se professionnalise, comme le montre la consolidation en cours — un mouvement qui rend d'autant plus stratégique le fait, pour une officine indépendante, de bien organiser et digitaliser son offre MAD plutôt que de la subir.

Reste, pour capter cette croissance, à structurer l'activité efficacement : suivi du parc de matériel, gestion des retours et des cautions, fiabilité de la facturation à l'Assurance Maladie — autant de points où une bonne organisation, appuyée sur un outil digital dédié, fait souvent la différence entre une offre MAD subie et une offre MAD réellement rentable.

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