Location d'un aérosol en pharmacie : mode d'emploi, prescription et indications
Mis à jour le 28 septembre 2026 · 6 min de lecture
Contenu validé par un docteur en pharmacie
Toux qui traîne, bronchiolite du petit dernier, crise d'asthme, traitement de fond respiratoire... L'aérosol (ou nébuliseur) fait partie de ces appareils médicaux que l'on découvre souvent dans l'urgence, sans trop savoir comment s'en procurer un, ni si l'ordonnance suffit à le faire rembourser. Voici l'essentiel à savoir.
Qu'est-ce qu'un aérosol (nébuliseur), concrètement ?
L'aérosol thérapeutique est un appareil qui transforme un médicament liquide (solution ou suspension) en un nuage de fines particules, inhalées directement au niveau des voies respiratoires via un masque ou un embout buccal. L'intérêt : le médicament agit localement, au plus près des bronches ou des poumons, avec une efficacité souvent supérieure à une prise orale pour les pathologies respiratoires, et des effets secondaires généralement réduits.
Il existe plusieurs types de générateurs (pneumatiques, à ultrasons, à tamis vibrant), mais le principe reste le même : humidifier et fractionner le médicament pour le rendre inhalable.
Comment louer un aérosol en pharmacie ?
Contrairement à d'autres dispositifs médicaux, l'aérosol générateur (l'appareil en lui-même) est presque systématiquement proposé à la location plutôt qu'à l'achat, et se loue directement en pharmacie sur présentation d'une ordonnance. En revanche, les consommables associés (masque, embout, tubulure) sont à usage strictement personnel et ne se partagent jamais entre patients, pour des raisons d'hygiène évidentes.
Concrètement, les étapes sont simples :
- Consulter un médecin, qui prescrit à la fois le traitement à nébuliser (le médicament) et la location de l'appareil.
- Se rendre en pharmacie avec l'ordonnance : le pharmacien fournit l'appareil en location ainsi que les consommables adaptés (souvent à usage unique ou à renouveler régulièrement).
- Restituer l'appareil à la pharmacie une fois le traitement terminé.
Qui peut prescrire la location d'un aérosol, et pour combien de temps ?
C'est un point souvent mal connu, et pourtant central : tout médecin peut, en théorie, prescrire un aérosol et son traitement, mais dans les faits, cela dépend surtout du médicament visé et de son cadre de prescription :
- Pour un traitement ponctuel courant (bronchiolite, encombrement bronchique, épisode aigu), le médecin traitant ou généraliste peut tout à fait établir la prescription initiale, notamment chez l'enfant.
- Pour certains traitements plus spécifiques ou des pathologies chroniques sévères (asthme sévère nécessitant une nébulisation de bronchodilatateur ou de corticoïde, mucoviscidose), la première prescription doit souvent être initiée par un spécialiste (pneumologue, pédiatre pneumologue, ou centre spécialisé mucoviscidose) — le médecin généraliste pouvant ensuite assurer le renouvellement de l'ordonnance une fois le traitement initié. Cette règle dépend directement du médicament prescrit et de son autorisation de mise sur le marché (AMM), qui précise parfois "prescription initiale réservée à certains spécialistes."
- En cas de doute sur qui peut initier votre prescription, votre pharmacien peut vous orienter, puisque c'est lui qui vérifiera la conformité de l'ordonnance avant de délivrer la location.
Côté durée : contrairement à d'autres dispositifs médicaux, la durée de location d'un aérosol est variable et adaptée à chaque traitement — elle est précisée directement sur l'ordonnance par le prescripteur, en fonction de la pathologie traitée :
- Pour un traitement ponctuel (bronchiolite, épisode infectieux aigu), la location porte généralement sur quelques jours à quelques semaines, le temps du traitement prescrit.
- Pour un traitement de fond chronique (asthme sévère, mucoviscidose), la prescription peut être renouvelée sur plusieurs mois, voire de façon prolongée, avec des consultations de suivi régulières auprès du spécialiste pour réévaluer le besoin.
- Pour certains traitements très spécifiques nécessitant des séances régulières à domicile sur le long terme, une prise en charge adaptée à un traitement de longue durée peut s'appliquer.
Dans tous les cas, l'appareil est à restituer à la pharmacie dès la fin de la période couverte par l'ordonnance — un renouvellement nécessitant une nouvelle prescription.
Quelles règles de remboursement ?
Au-delà de la question du prescripteur, la prise en charge par l'Assurance Maladie dépend de trois facteurs combinés :
- Le médicament prescrit doit être inscrit sur la liste des spécialités remboursables pour la voie inhalée.
- La prescription doit respecter l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) du médicament concerné : âge du patient, indication précise, médecin autorisé à prescrire.
- La pathologie traitée doit correspondre à une indication reconnue pour la nébulisation de ce médicament en particulier.
Un même médicament nébulisé peut ainsi être remboursé pour un enfant et pas pour un adulte (ou l'inverse), selon ce que prévoit précisément son AMM. Le bon réflexe : en cas de doute sur la prise en charge (appareil et/ou médicament), demandez systématiquement un devis à votre pharmacien avant de démarrer la location.
Pour quelles pathologies utilise-t-on un aérosol ?
Les indications les plus courantes de l'aérosolthérapie incluent :
- Les pathologies respiratoires obstructives : asthme (notamment les crises et le traitement de fond des formes sévères), bronchiolite du nourrisson, bronchite chronique
- La mucoviscidose, pour laquelle l'aérosolthérapie fait partie intégrante de la prise en charge respiratoire au long cours (avec une tarification de prise en charge spécifique)
- Les infections respiratoires, notamment pour fluidifier les sécrétions bronchiques
- La prévention de la pneumocystose chez certains patients immunodéprimés, nécessitant des séances régulières à domicile
- Les traitements anti-inflammatoires inhalés, notamment les corticoïdes nébulisés dans certaines formes d'asthme
Adulte ou enfant : une différence qui compte vraiment
C'est l'un des points les plus mal connus, et pourtant essentiel : l'âge du patient peut à lui seul déterminer si le traitement est remboursé ou non, même à pathologie identique. Un même corticoïde nébulisé peut par exemple être pris en charge pour un traitement de l'asthme sévère persistant chez l'enfant, sans l'être pour un adulte présentant pourtant une pathologie comparable — simplement parce que l'AMM du médicament ne couvre pas cette indication chez l'adulte.
Autre point notable côté pédiatrie : l'aérosolthérapie reste, chez les tout-petits (notamment avant 6 mois), l'une des seules options pour administrer certains traitements respiratoires, les formes inhalées classiques (sprays doseurs, chambres d'inhalation) n'étant pas toujours adaptées à cet âge. À noter également que la durée d'une séance de nébulisation elle-même est plus courte chez l'enfant (environ 10 minutes maximum) que chez l'adulte (jusqu'à 20 minutes), selon le type d'appareil utilisé.
En pratique, que retenir ?
- La location se fait en pharmacie, sur ordonnance, l'appareil étant restitué en fin de traitement.
- Le bon prescripteur dépend du médicament : un généraliste suffit pour la plupart des traitements ponctuels, mais certains traitements chroniques ou sévères nécessitent une prescription initiale par un spécialiste, le généraliste prenant ensuite le relais pour le renouvellement.
- La durée de location varie selon le traitement, de quelques jours pour un épisode aigu à plusieurs mois pour une pathologie chronique — toujours précisée sur l'ordonnance.
- Le remboursement n'est jamais automatique : il dépend du médicament, de l'indication précise et de l'âge du patient.
- Les consommables (masque, tubulure) sont personnels et ne doivent jamais être partagés, y compris entre frères et sœurs.
En cas de doute sur la prise en charge de votre situation précise, le plus sûr reste de solliciter en amont votre pharmacien ou votre médecin prescripteur : les règles de remboursement, très liées à l'AMM de chaque médicament, évoluent régulièrement et méritent d'être vérifiées au cas par cas.